Mers et Océans

Afrique et Planification marine résiliente entre dénie et pragmatisme

L'Afrique ne ferait-elle pas assez pour se préparer à la montée des eaux ?

En étant très optimistes au sujet du réchauffement climatique de la terre, une réduction des émissions de gaz à effet de serre peut quand même faire monter le niveau de la mer de 0,40 m d’ici à 2100. Cette lecture probabiliste qui sonne comme un avertissement démontre que si nous ne réduisons pas suffisamment les émissions, le niveau de la mer pourrait s’élever à 0,78 m avant même cette échéance.

Ce scénario est d’autant plus menaçant si les pays qui peuvent en subir les plus graves conséquences sont ceux que les émissions de carbone élevées réchauffent encore plus vites. Ce réchauffement qui provoque la dilatation de l’eau de mer et la fonte des glaces sur la terre ferme soit deux facteurs pouvant provoquer une élévation du niveau de la mer permet de constater que l’élévation du niveau de la mer est inévitable et imprévisible. Or de tous les pays qui envisagent déjà de prendre des mesures, les pays littoraux africains constituent une exception regrettable puisque leurs côtes ont un rythme d’adaptation plutôt lent.

L’impact de l’élévation du niveau de la mer, y compris les coûts des dégâts et le nombre de personnes qui pourraient être inondées à l’avenir sur la côte africaine n’épargnera aucun pays côtier africain. Mais ce sont ceux qui sont très bas ont le plus de vulnérabilité et donc risquent d’être les plus durement touchés lors des inondations, faux aux érosions côtières et du fait de la salinisation des eaux souterraines qui alimentent les terres agricoles bordières en eau. Le risque de réduction du tourisme et de l’activité économique portuaire sont donc des problèmes cruciaux à anticiper encore que l’Afrique à l’occasion de construire et moderniser ses différents ports en intégrant ces risques par anticipation.

Alors que de nombreux pays africains ont des problèmes continentaux plus immédiats, ils sont naturellement plus contrés à se doter des infrastructures dont ils perçoivent le besoin immédiat contrairement à ce quelque chose qu’est la mer et qui ne les qui ne les affectera peut-être pas avant de nombreuses décennies où elles auront peut-être investi sur leur littoral. Il est de plus en plus connu que l’impact du niveau des mers pourrait être réduit en adaptant le littoral et les infrastructures à des normes de constructions résilientes préventives et aptes à contenir la menace. L’idée c’est de faire des digues pour contenir ou réduire les inondations et ou d’ajouter du sable aux plages pour réduire leur érosion.

Les grands projets intérieurs du continent concentrent tout l’usage de ces matériaux. Donc bien ces infrastructures plus résilients réduisent de moitié les coûts des dommages d’ici 2100, ces mesures nécessitent des investissements importants que l’Afrique pense à plus ou moins juste titre mettre plus à profit dans le développement de l’arrière-pays côtier. Etre des milliards contre la montée du niveau des mers demain et les mêmes milliards de dollars pour assurer une meilleure émergence économique structurée aujourd’hui, le choix est vite fait.

Comme les coûts d’un tel revirement vers la mer constituerait un double investissement pour des ports par exemple existants à rénover, l’avenir avec l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation de la population et des villes est pour bon nombre de dirigeants africains une question futuriste. Le nombre de personnes touchées devrait être élevé représente souvent une capitale économique à relever d’un point de vue architectural sur le plan d’aménagement urbain. Beaucoup de gouvernement estiment encore que de telles politiques d’adaptation sont des projets colossaux qui commenceraient par la cartographie des espaces côtiers tant à l’horizontal qu’en profondeur. Cela est particulièrement vrai dans des pays tels que l’Égypte ou le Mozambique dont les côtes peuplées sont basses ou sujettes aux tempêtes.

Mais il faut aussi dire que de nombreux pays africains qui n’ont pas les fonds disponibles, ont plus peur d’ouvrir ce dossier du fait de la taille de leur dette extérieure et des leçons de l’histoire maritime qu’ils ont retenues à savoir que lorsqu’il s’agit de l’aménagement des infrastructures côtières les contrats sont le plus souvent emphytéotiques et marque souvent la présence d’acteurs économiques très puissants qui font la pluie et le beau temps dans leurs processus de développement. Ils optent donc pour une structuration de leur développement infrastructurel en étapes soit continental (agriculture, recherche, mine, énergie, industrie, transport etc.) puis maritime (ports en eaux profondes technologiquement avancés, phares, satellites, flotte marchande et militaire, centre d’observation et de cartographie marine etc… Ce processus laisse une faible marge de pénétration aux puissants acteurs économiques internationaux qu’il ne faudra pas forcement appeler pour avoir de l’aide parce que la mutualisation des forces et des experiences intégrées et intégratives limiteront les coûts de la protection côtière.

La croissance démographique est un autre défi à relever pour faire face à la hausse future du niveau de la mer. En 2000, 54,2 millions de personnes sur le continent vivaient dans des zones côtières de basse altitude, généralement situées à moins de 10 mètres d’altitude. Les experts prévoient que, d’ici 2030, ce nombre aurait doublé pour atteindre entre 109 et 118 millions de personnes. Actuellement, 85% des personnes vivant dans les zones côtières de basse altitude vivent dans des zones urbaines. La planification, en particulier pour les zones urbaines où les populations devraient croître le plus, est donc une nécessité qui pourraient bien avoir plus de soutien auprès des pays africains.

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