Société

L’alcool (Bili-Bili) et le Whisky en sachet tuent des enfants à Kaelé

L'insécurité alimentaire dans la région du Nord au Cameroun se transforment en une cause de la déperdition scolaire

Dans des événements majeurs comme les deuils, les mariages, les cérémonies traditionnelles et autres tabaski ou ramadan, des occasions pour boire la bière de mil en famille sortent de plus en plus de leur cadre et mettent alors des élèves en situation d’insécurité alimentaire. Comment ne pas être surpris quand voit à quel point il est facile pour les jeunes de Kaélé de boire du Bil-Bil qui finit souvent par les tuer? 

Les bières de mil sont les plus importantes des bières traditionnelles de l’Afrique sahélienne. En fait, sous ce nom, on regroupe l’ensemble des bières élaborées à partir des diverses espèces de petits mil et les gros mils ou sorghos comme la digitaria iburua qu’on ne trouve plus guère que dans le Nord du Cameroun.» Ainsi, les véritables bières de céréales sont des boissons fermentées qui ont, sauf de rares exceptions, un faible pourcentage d’alcool, le plus souvent entre 2 et 6%. Dans certains cas, la fabrication reste assez élémentaire : les grains trempés dans l’eau et plus ou moins cuits sont laissés pendant quelques jours jusqu’à ce qu’ils aient fermenté et on boit ensuite un liquide d’un goût douteux mais suffisamment alcoolisé pour permettre l’ivresse si la quantité absorbée est importante. Le plus souvent, la préparation est beaucoup soignée et on obtient des bières qui peuvent satisfaire le goût des consommateurs.

Mais voilà que des jeunes qui pour «apaiser leur soif» prennent trop d’alcool plus que la maman, le cousin et les autres membres de la communauté. tout se passe comme ci le fait de ne pas en boire signifie qu’on refuse de faire partie de la société. Or Kaelé est une petite ville. La tendance est donc qu il est bon ton d offrir une calebasse de ce vin pour avoir une bonne popularité. Sauf que l’année scolaire qui vient de débuter, suppose que ces jeunes se comportent autrement et donc prennent la peine de rester en classe par exemple. Mais c’est exactement le contraire qu’ils font : on pourrait même dire que le bil-bil les attirent tellement qu il profite des heures creuses pour aller en consommer encore plus. L’élève qui consomme du bil-bil, s’enivre la plupart du temps et devient facilement dépendant. En classe, il somnole tout le temps et a un comportement violent. et comme si cela ne suffisait pas le taux de grossesses non désirées et le désintéressement de la chose intellectuelle grimpe à une vitesse qui inquiètent les responsables scolaires. Selon des sociologues, le fait de boire du bili-bili diminue sérieusement les performances scolaires des élèves du Septentrion camerounais.

Les parents qui dépensent de fortes sommes d’argent dans le peu qu’il gagne, ne réalise pas toujours l’ampleur des dégâts que ce breuvage arrive à causer à court, moyen et long termes age à leurs enfants. si déjà la scolarité du cadet du primaire n’est toujours payée, ce qui inquiète le plus ce sont les whisky en sachet vendu à 100 FCFA qui font plus des ravages que le bil-bil. comme il sont vendu à tous les cois de rue, leurs consommateurs qui recherchent des sensations fortes, le mélangent très souvent avec le bil-bil. Or des chimistes de l’Université de Maroua ont démontré que son succès auprès des élèves tient surtout du fait que ces sachets se rangent aisement dans les cartables. il va sans dire donc que des mesures urgentes doivent être prises par les autorités locales pour luter contre cette dépendance collective. En 2017, le sous-préfet de l’arrondissement de Garoua 2 avait procédé à la destruction des cabarets de bil-bil et à l’interdiction de sa commercialisation. Un coup d’épée dans l’eau au vue de la recrudescence du phénomène.

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